4. En quête d'une place dans l'histoire
Le grippage des institutions que cet épisode ne manque pas d'aggraver n'empêche ni la croissance de continuer, ni l'excédent budgétaire, apparu dès 1998, de s'envoler. Mais il prévient tout ralliement du Congrès à des réformes intérieures importantes auxquelles le président aurait pu identifier son legs.
C'est donc dans la politique étrangère que, sur la fin de son mandat, Clinton tente d'inscrire ce dernier. À partir de février 1999, il s'efforce ainsi de restaurer la crédibilité de l'O.T.A.N. face à Slobodan Milošević qui, en dépit des avertissements des Occidentaux, poursuit depuis 1998 une répression implacable contre les Albanais au Kosovo. Aussi, après l'échec d'une conférence internationale (Rambouillet-Paris, février-mars 1999), persuade-t-il l'O.T.A.N. de se lancer dans une campagne de bombardements contre la Yougoslavie dont l'issue victorieuse (juin 1999) est loin de résoudre tous les différends dans cette région troublée.
Sa quête d'un ultime et éclatant succès bute, dans les mois qui suivent, sur la rancune tenace que lui vouent les républicains du Congrès, sur les contraintes politiques que crée l'approche de l'élection de 2000 et sur les limites que l'influence, pourtant considérable, des États-Unis finit par rencontrer. Le président réussit sans doute à arracher un feu vert des élus à une éventuelle entrée de la Chine dans l'Organisation mondiale du commerce (O.M.C.) en septembre 2000. Mais il a dû se résigner à laisser le Sénat rejeter (octobre 1999) le traité d'interdiction complète des essais nucléaires. De même, lors de la conférence de l'O.M.C. à Seattle (novembre-décembre 1999), il a renoncé à lancer les États-Unis dans un nouveau round de négociations commerciales, de peur de dresser les salariés américains contre les démocrates. Et, en septembre 2000, il juge préférable de reporter toute décision sur le déploiement éventuel d'un système national de défense antimissiles. Surtout, en dépit de ses efforts appuyés pour […]
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