4. Thérapeutique et prophylaxie
En face de troubles aussi divers, la mise en évidence des œufs dans les urines ou les selles, voire dans le foie, par ponction-biopsie, donnera au diagnostic sa certitude. Des réactions sérologiques de plus en plus complexes sont aussi utilisées.
La thérapeutique a fait longtemps appel aux dérivés de l'antimoine et du thioxanthone, mais un nouveau dérivé nitrothiazolé a fait naître de grands espoirs. La thérapeutique de la bilharziose urinaire demeure actuellement le nitrothiazole. On dispose de trois médicaments efficaces et sûrs pouvant être administrés par voie orale. Le praziquantel, mis au point grâce à une collaboration entre l'O.M.S. et le fabricant, dont les tests d'innocuité sont satisfaisants. L'oxamniquine est utilisée pour le traitement de la bilharziose intestinale en Afrique et en Amérique du Sud. Le métrifonate, conçu d'abord comme un insecticide, s'est révélé efficace pour le traitement de la bilharziose urinaire.
La prophylaxie est très difficile. Éviter la pollution hydrique, et aussi tout contact avec une eau infestée, suppose une longue éducation et des mesures d'hygiène qui se heurtent aux habitudes ancestrales comme aux impératifs de la vie quotidienne. Traiter des millions et des millions de sujets, sans cesse réinfestés, représente une immense entreprise. Les médicaments qui viennent d'être évoqués bloquent la ponte des vers, au moins pendant quelques mois. Pendant ce laps de temps, ils rendent les porteurs traités non contaminants pour le milieu naturel et aident ainsi beaucoup à l'assainissement du réseau hydrographique.
À cette chimioprophylaxie s'ajoute la destruction des mollusques vecteurs par le désherbage des gîtes, la suppression des collections d'eau inutiles et l'aménagement de celles qui sont indispensables. Des poisons de synthèse à action molluscocide sont également utilisés, mais il faut savoir qu'ils sont aussi souvent toxiques pour les autres animaux aquatiques qui partagent le même gîte que les mollusques vecteurs. Ils ne sont qu'un pis-aller en attendant la mise au point d'autres méthodes. Parmi celles-ci, l'introduction d'animaux prédateurs, de germes pathogènes (virus, bactéries, champignons), de parasites détruisant les glandes génitales des mollusques et donc les rendant stériles constituent des méthodes de lutte biologique de grand avenir.
On mesure sans peine toute la complexité du problème. Aussi le destin des bilharzioses, favorisées par l'irrigation de nouvelles terres, reste-t-il toujours préoccupant.
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