3. Clinique
Les manifestations pathologiques sont engendrées essentiellement par les œufs dont la présence déclenche une irritation locale. Chacun d'eux constitue un foyer inflammatoire. S'ensuivent ulcération, destruction tissulaire, fibrose ou rétraction cicatricielle source de complications. Ces œufs sont innombrables.
Le pouvoir pathogène des Schistosoma demande cependant à être interprété. Dans bien des cas, on assiste à une sorte de tolérance ou de compromis entre le parasite et son hôte, sans qu'on puisse parler d'immunité véritable. Le diagnostic et le traitement de ces troubles doivent tenir compte de la malnutrition ainsi que des diverses parasitoses fréquentes sous les tropiques.
Le passage transcutané des cercaires n'est souvent pas perçu ou se signale par quelques démangeaisons locales. Lors du développement des parasites, on peut s'attendre à des poussées fébriles, accompagnées de douleurs et de troubles divers, qui finissent par s'apaiser. Enfin des mois ou des années après infection apparaîtront les formes viscérales de la maladie :
– La bilharziose urinaire se traduit par l'émission répétée d'urines sanglantes, les hématuries. Dans certaines régions, ces hématuries sont si fréquentes que leur absence est considérée comme une disgrâce : chez le jeune garçon, elles sont tenues pour un signe de virilité, chez la fillette pour une assurance de fécondité. L'hématurie sera longtemps la seule traduction clinique de la maladie et celle-ci peut ne plus évoluer. Le danger viendra d'une infection urinaire chronique ou de rétrécissements de l'arbre urinaire, qui retentiront sur les reins, provoquant insuffisance rénale et urémie.
– Dans la bilharziose intestinale, les désordres pathologiques sont souvent plus complexes. Des troubles digestifs, variés, des débâcles diarrhéiques s'associent très souvent à une augmentation de volume du foie et de la rate, qui peuvent devenir très gros, accompagnée d'une sclérose de la paroi intestinale dite en « tuyau de pipe » et d'une évolution vers la […]
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