2. Contamination
Le mode de contamination par ces parasites est très original. Les femelles adultes, tapies dans les fines veinules de la vessie ou de l'intesœtin de l'homme, pondent des œufs qui s'éliminent avec les urines et les matières fécales. Mais ces ufs ne donneront naissance à une larve, appelée miracidium, que dans une eau douce et de 20 à 25 0C de température : marigots, rizières, ruisseaux, rivières (une hygiène rigoureuse préserverait donc de la contamination).
Encore le miracidium ne vivra-t-il pas s'il ne rencontre rapidement un tout petit mollusque d'eau douce, nécessaire à son développement et spécifique pour chaque espèce : il s'agit d'un bullin pour S. haematobium, d'un planorbe pour S. Mansoni, d'un Oncomelania pour S. japonicum, et enfin d'une Physopsis pour S. intercalatum.
Pendant un mois, cette minuscule larve va évoluer chez le mollusque, puis va s'en échapper sous l'aspect d'un microscopique « têtard » à queue fourchue, la cercaire, forme ultime de l'évolution larvaire, long d'un demi-millimètre.
L'homme se contamine, non par l'absorption de l'eau polluée, mais par immersion, même très partielle, dans l'eau infestée de cercaires : au cours d'une baignade, d'une marche, les pieds nus, en terrain inondé. Les parasites traversent la peau, cheminent dans les lymphatiques et les veines jusqu'au cœur, atteignent les poumons puis la glande hépatique et deviennent adultes en deux mois environ.
Après accouplement, les femelles fécondées se séparent du mâle et vont s'établir pour des années dans leurs réseaux veineux de prédilection, vésical pour S. haematobium, intestinal et hépato-splénique pour les trois autres (mais cette localisation n'est pas toujours identique). Les femelles pondent d'innombrables œufs, qui finiront par tomber dans la vessie ou l'intestin de l'hôte, prêts à contaminer à nouveau les eaux douces.
Ce cycle évolutif du parasite, identique pour les quatre espèces, permet de comprendre que les enfants soient particulièrement vulnérables, lors des jeux et baignades dans les ruisseaux ou rivières, ainsi que les personnes qui doivent travailler au contact de l'eau (cultivateurs, bateliers).
Il n'y a pas de bilharziose sans un contact hydrique et la maladie ne peut prendre naissance que là où vivent les mollusques vecteurs.
La mise en valeur des régions tropicales a favorisé l'extension des bilharzioses, qui apparaissent maintenant comme des maladies de civilisation : des travaux d'irrigation (barrages, canaux) entraînent l'immigration de travailleurs qui propagent leurs parasites.
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