2. Les multiples catégorisations des biens économiques
Des considérations tenant à la nature des biens ont permis d'opérer nombre de distinctions dichotomiques entre biens fongibles (qui se consomment par l'usage et qui peuvent être remplacés par une chose analogue) et non fongibles, entre biens meubles (qui peuvent être déplacés) et immeubles, biens divisibles et indivisibles, homogènes et hétérogènes, biens de luxe et biens ordinaires. Les biens sont également classés en fonction de leur durabilité (durables, non durables – consomptibles par le premier usage –, semi-durables) et selon le secteur d'activité et les techniques de production mises en œuvre (biens agricoles, artisanaux, miniers, industriels, etc.). Des subdivisions supplémentaires aboutissent dans ce dernier cas aux complexes nomenclatures d'activités et de produits de la statistique économique contemporaine.
La distinction entre biens (matériels) et services (immatériels) a d'abord été considérée comme allant de soi et les théories économiques classique et marxiste ont longtemps fait prévaloir l'idée que ces derniers n'étaient pas des biens économiques parce qu'ils ne relevaient pas d'une activité productive. Avec la théorie économique néo-classique au tournant du xxe siècle, les services sont devenus une catégorie particulière de biens économiques, immatériels.
La distinction entre biens gratuits et non gratuits est apparue initialement tout aussi évidente, et l'exclusion des premiers de la catégorie des biens économiques a permis dans un premier temps de réduire le champ de l'économique au domaine marchand. Au demeurant, dans les économies peu développées des débuts de l'économie politique, au xviiie siècle, les biens gratuits étaient essentiellement des biens surabondants issus de processus naturels et se trouvaient donc exclus par définition du périmètre de la notion de biens économiques. La prise en considération du fait que certains services, particulièrement ceux rendus par les administrations, sont utiles […]
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