3. La Biélorussie indépendante
L'accès du pays à l'indépendance, le 25 août 1991, n'a pas remis en cause le monopole de l'ancien personnel dirigeant communiste dans les institutions politiques et, par conséquent, n'a pas permis au pays de connaître de changements significatifs. Le pouvoir revenait en grande partie au Conseil des ministres qui a conservé une composition proche de celle de la période soviétique. Le Soviet suprême, constitué en mars 1990 et dominé par les représentants de la nomenklatura, a bloqué les initiatives de réformes et a surtout développé la coopération avec la Russie et les autres pays de la Communauté des États indépendants (C.E.I.), créée en 1991 sur les ruines de l'U.R.S.S.
• Un régime autoritaire
Après l'adoption, le 15 mars 1994, par le Soviet suprême, d'une nouvelle Constitution qui instaurait une présidence de la République, Alexandre Loukachenko, ex-directeur de sovkhoze, s'est servi de sa fonction de président du Comité temporaire de lutte anticorruption pour mener sa campagne pour l'élection présidentielle de juin-juillet 1994. Opposé à Viatcheslav Kebitch, Premier ministre sortant, il s'est présenté comme étant le seul à même de rompre avec le désordre et l'indécision politique de la période précédente, et de renouer avec les pratiques, jugées positives, de l'époque soviétique.
Élu au second tour avec 80 p. 100 des voix le 10 juillet 1994, Loukachenko a mis en place un système de pouvoir populiste autoritaire, dans lequel le président est le seul garant du bien-être de l'État et du peuple, et le principal instigateur des initiatives politiques, économiques et sociales. Cette politique se fonde à la fois sur le culte de la personnalité et des origines populaires du chef de l'État, et sur le rejet de toutes les formes de médiation politique (partis politiques, associations, syndicats) dans sa relation privilégiée avec le peuple. Conformément au modèle corporatiste d'État auquel aspire ce régime, seules quelques organisations loyales au pouvo […]
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