Roi de Thaïlande (depuis 1946), né le 5 décembre 1927 à Cambridge (Massachusetts).
Bhumibol Adulyadej, petit-fils du roi Chulalongkorn (Rama V), vient au monde lorsque son père, le prince Mahidol de Songkhla, fait ses études à Harvard. Son frère aîné, Ananda Mahidol, couronné roi en 1935, est tué par balle pendant son sommeil le 9 juin 1946. Les circonstances de cette mort mystérieuse ne seront jamais élucidées. Bhumibol, encore mineur, lui succède immédiatement sur le trône, prenant le nom de Rama IX. Il devient ainsi le neuvième roi de la dynastie des Chakri qui règne depuis 1782 sur la Thaïlande (appelée Siam jusqu'en 1932). Rama IX ne sera couronné que le 5 mai 1950, un mois après son mariage avec une cousine éloignée, Sirikit Kitiyakara.
La monarchie absolue étant abolie depuis le coup d'État de 1932 survenu pendant le règne de Prajadhipok, le roi Bhumibol n'a qu'un pouvoir politique très limité bien que la Constitution fasse de lui le chef de l'État et le commandant de l'armée. Son rôle le plus important est d'incarner l'unité nationale.
Bhumibol est un monarque qui jouit d'une grande popularité. Il mène une vie rythmée par les cérémonies et, malgré les limites de son autorité, il ne manque pas de jouer un rôle important de médiateur dans plusieurs crises politiques. C'est le cas en 1992 lorsque la junte militaire place au poste de Premier ministre le général Suchinda Krapayoon, commandant en chef des forces armées. Les protestations qui s'ensuivent sont violemment réprimées. Bhumibol intervient, invitant le général Suchinda et le dirigeant de l'opposition Chamlong Srimuang à un débat télévisé au cours duquel il appelle à la fin de la violence. Suchinda présente sa démission et un gouvernement intérimaire est mis en place en attente de nouvelles élections.
En 2006, la Thaïlande célèbre le soixantième anniversaire de l'accession de Bhumibol au trône. Quelques jours avant le jubilé, à Bangkok, il reçoit des mains du secrétaire général des Nations unies Kofi Annan le tout premier prix du développement décerné par le P.N.U.D.
La même année, Bhumibol doit faire face à une nouvelle crise après l'abstentionnisme actif des partis de l'opposition aux élections législatives organisées en avril par le Premier ministre Thaksin Shinawatra (le vote est obligatoire en Thaïlande). En mai, la Cour constitutionnelle invalide les résultats et, le 19 septembre 2006, l'armée renverse le Premier ministre qui est alors en déplacement à l'étranger. Au cours de la longue crise politique qui s’ensuit et oppose violemment les militants pro-Thaksin au gouvernement, Bhumibol appelle une nouvelle fois à l’ unité nationale (août 2009), mais en vain.
L'héritier désigné au trône est le fils unique de Bhumibol, le prince Maha Vajiralongkorn.
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