3. Une marche lente vers l'émancipation et le progrès
Malgré deux expéditions contre le Bhoutan, en 1772 et 1865, les Britanniques ne purent établir sur lui qu'un protectorat de fait. L'Inde a pris leur succession en 1947.
Un accord signé le 8 août 1949 affirme la dépendance en matière de politique étrangère du Bhoutan qui accepte d'être guidé par l'Inde. Cette limitation de souveraineté s'accompagne d'un engagement de New Delhi de ne pas s'immiscer dans les affaires intérieures du royaume.
Cependant, l'omniprésence des Indiens dans l'administration et dans l'enseignement limite la liberté d'action des dirigeants, désireux, sans en être capables, de promouvoir une « bhoutanisation ». De plus, l'annexion du Sikkim par l'Inde, en 1975, à la demande de sa population (népalaise à 75 p. 100) alimente une suspicion naturelle à l'égard de la minorité népalaise du sud du pays, perméable aux idéologies politiques et considérée comme pro-indienne.
La dépendance économique du Bhoutan à l'égard de son voisin du sud semble tout aussi manifeste. L'Inde, en effet, subventionne largement les projets de développement, prospecte les richesses minières et contrôle le passage en transit des denrées. 95 p. 100 des échanges commerciaux se font avec l'Inde dont la monnaie a cours librement dans le royaume (il existe cependant une monnaie nationale, le ngultrum).
L'Union indienne considère le Bhoutan comme un maillon essentiel de son système défensif dans l'Himalaya. Il existe une étroite collaboration militaire entre les deux pays. Des experts indiens ont construit la totalité du réseau routier bhoutanais : trois pénétrantes reliant la plaine du Brahmapoutre au centre du pays et une rocade ouest-est réunissant les principales agglomérations, dont la capitale Thimphu (100 000 habitants).
Avec prudence et par touches successives, le Bhoutan réussit néanmoins à desserrer l'étreinte indienne. Un accord signé en 1973 officialise les frontières avec l'Inde, désormais reconnues comme frontières internationales et portées c […]
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