3. Repères historiques
Si la liste du partage des reliques du Bouddha ne fait point état du stūpa de Bhārhut, peut-être celui-ci fut-il inclus dans une répartition ultérieure et la construction du monument pourrait remonter au règne d'Açoka (iiie siècle av. J.-C.), fertile en fondations bouddhiques. On peut, du moins, interpréter ainsi l'image, sculptée sur un pilier, d'un roi monté sur un éléphant et portant un reliquaire, dans lequel Barua verrait Açoka. L'érection de la vedikā de pierre a dû coïncider avec l'agrandissement du stūpa (dont le diamètre définitif était d'environ 19 m). Sur les 225 inscriptions dénombrées sur la balustrade (en prākrit dit monumental et, pour la plupart, en caractères brāhmī), quelques-unes fournissent des données de chronologie. La dynastie Çuṅga y est mentionnée. Or, cette dynastie, qui succéda à celle des Maurya, conserva le pouvoir pendant 112 ans, selon les Purāna, soit de 176 à 64 environ av. J.-C. (J. Filliozat), de 184 à 82 (Coomaraswamy) ou de 187 à 75 (E. Lamotte).
Plusieurs membres d'une famille de roitelets locaux, vassaux des Çuṅga, firent don de divers éléments de la vedikā, du toraṇa notamment. Le manque de précision contraint à placer l'achèvement de la vedikā entre les dates extrêmes de la dynastie Çuṅga. En raison de l'inégalité des œuvres, due en partie aux progrès techniques, Barua a cru pouvoir distinguer trois étapes dans la réalisation de l'ensemble : sous les Maurya (fin de la dynastie ?), vers 150 et vers 100. En toute hypothèse, on retiendra la date moyenne de 150 environ avant J.-C. (Bachhofer, Coomaraswamy), la majorité des reliefs de Bhārhut se situant sensiblement à la même époque que ceux de la vedikā du stūpa II de Sānchī et un peu avant ceux de la balustrade de Bodhgayā.
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