« Mon âme est une danseuse passionnée ; elle va dansant sur une musique intérieure qu'elle est seule à percevoir », disait d'elle-même cette attirante et inquiétante Bettina, qui pour ses raisonnables détracteurs n'est qu'une extravagante mythomane et, pour ceux qui restent sensibles à ses dons d'enchanteresse, demeure une des plus poétiques intelligences du romantisme allemand.
Petite-fille de Sophie de La Roche, parente de Wieland et femme de lettres célèbre vers 1770 ; fille de Maximiliane de La Roche, qui avait été aimée par Goethe avant d'épouser en 1774 Pietro Antonio Brentano, important négociant italien venu s'établir à Francfort ; sœur cadette de Clemens Brentano, Bettina a pour ainsi dire la littérature dans le sang. De son éducation rhénane, elle a reçu une ample et profonde culture et un goût très vif de la liberté, qu'elle n'abdiquera jamais. Parmi les artistes et les écrivains qu'elle fréquente dans l'entourage de son frère Clemens, elle sait discerner le plus génial de tous, Achim von Arnim ; elle s'en éprend, l'épouse après mûre réflexion en 1811 et sera toujours pour lui une excellente compagne, ainsi qu'une excellente mère pour les enfants qui naîtront de […]
