Professeur d'économie à l'université de Stockholm où il succède en 1930 à son maître Eli Heckscher, Bertil Ohlin est connu tout d'abord par ses contributions à l'analyse par périodes, d'une part, à l'étude des relations entre l'épargne et l'investissement, d'autre part, travaux qui se situent dans la lignée de Wicksell et s'inscrivent dans la tentative d'élaboration d'une dynamique économique. Mais c'est surtout son grand ouvrage Commerce international et interrégional (International and Interregional Trade, 1933) qui lui a assuré la renommée. Comme Angell, il transpose la théorie des coûts comparés dans une économie monétaire en montrant que la monnaie n'est pas un simple intermédiaire passif, mais joue, au contraire, un rôle moteur par les mouvements de prix intérieurs et extérieurs. Le théorème dit de Heckscher-Ohlin montre comment le commerce international résulte de la disponibilité en facteurs de production des pays en relation et de la spécialisation de chacun d'eux en conséquence, liant la théorie des coûts comparatifs de Ricardo et le concept de demande réciproque de Mill ; il fournit ainsi un outil pour étudier les effets d'un changement du commerce international sur les structures domestiques, en particulier sur la structure interne des revenus. Approfondi ultérieurement par l'Américain Paul Samuelson, qui démontre que l'échange entre nations conduit à l'égalisation progressive des revenus des facteurs de production, ce modèle néo-classique est connu sous le nom de théorème H.O.S., selon les initiales de ses trois auteurs.
Bertil Ohlin a reçu le prix Nobel d'économie en 1977, conjointement avec James E. Meade. Moins connu, hors de Suède, pour sa carrière politique, il a aussi dirigé le Parti libéral de 1944 à 1967, siégé au Riksdag de 1938 à 1970 et exercé les fonctions de ministre du Commerce en 1944-1945.
Guy CAIRE
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