En février 1999, Bernard Thibault a été élu secrétaire général de la Confédération générale du travail (C.G.T.) à l'occasion du 46e congrès confédéral. Âgé de quarante ans, il symbolise le nouveau cours souhaité par la majorité des responsables de la première centrale syndicale française. En effet, il succède à deux dirigeants âgés (Henri Krasucki puis Louis Viannet) qui, durant les années 1980 et 1990, ont symbolisé le déclin de cette organisation (elle est passée de 2 millions d'adhérents en 1978 à 600 000 aujourd'hui), son repli sectaire – elle a rompu avec les autres confédérations et ne participait plus que pour la forme aux négociations collectives – et son alignement sur le Parti communiste français, lui-même très affaibli.
Le cas de Bernard Thibault reste une énigme pour les médias, qui ont insisté sur sa coiffure, sa décontraction ou son humour. En effet, il a toujours été d'une grande prudence, ce qui lui a permis de traverser les crises qui ont secoué la C.G.T. depuis vingt ans et de réussir une brillante et rapide carrière dans l'appareil.
Fils d'un ouvrier de la Ville de Paris, il entre à quinze ans comme apprenti à la S.N.C.F. Il attend pour […]
