Neveu de Bernard Grasset, Bernard Privat, en lui succédant en 1955 à la tête des éditions Grasset, assurait la permanence d'une tradition familiale. Il se retira en 1980, mais pour choisir une solution dans la continuité : Jean-Claude Fasquelle, un homme de la maison, prenait la relève.
Bernard Privat, toutefois, n'avait rien d'un héritier, et l'édition n'était pas sa vocation première. S'il entreprit ce métier assez tard, à trente-cinq ans, avec son oncle comme « tuteur », il sut marquer profondément de son empreinte l'activité des éditions Grasset, et influer largement sur la vie littéraire française des années 1950-1980. Écrivain lui-même, il publia six livres, dont l'un, Au pied du mur, obtint le prix Femina en 1959.
Né en 1914 à Montpellier, Bernard Privat entreprend des études de droit à la faculté de Paris. Mais il se destine d'abord à la peinture et y consacrera deux années, en 1936 et 1937. Mobilisé au début de la Seconde Guerre mondiale, fait prisonnier, il restera en captivité dans un oflag de 1940 à 1945. Il se marie en 1946. Il entre chez Grasset en 1949. C'est alors une maison qui connaît une situation difficile, sans ressources ni auteurs. Bernard Privat en devient le P.-D.G. en 1955, à la mort de Bernard Grasset. La même année, la société fusionne avec les éditions Fasquelle : c'est la deuxième étape d'une restructuration qui avait commencé en 1954, lorsque les éditions Hachette, jusque-là minoritaires dans le capital de Grasset, en avaient pris le contrôle, légalisant ainsi un appui financier rendu de plus en plus nécessaire. Dépendant désormais de la « grande famille » Hachette, mais libre de mener la politique éditoriale qu'il souhaite, Bernard Privat va pouvoir appliquer sa recette ; il va s'entourer, année après année, de collaborateurs efficaces : Georges Lambrichs, François Nourrissier, Jean-Claude Fasquelle, Matthieu Galey, Dominique Fernandez, Jacques Brenner, Maurice Chapelan. Dans les années 1960 viendront Yves Berger et Françoise Verny. Les collections qu'ils dirige […]
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