Bernard Gregory a particulièrement marqué de son influence le Conseil européen de la recherche nucléaire, le C.E.R.N. ; il en fut directeur général de 1966 à 1971. Directeur général du Centre national de la recherche scientifique (C.N.R.S.) de 1973 à 1976, puis délégué général à la Recherche scientifique et technique, il a eu une grande influence sur l'ensemble de la vie scientifique française. La sûreté de ses jugements, fondée sur des dons d'analyse et de synthèse exceptionnels, l'avait d'abord conduit à de très grandes réussites, au niveau européen, dans l'organisation de la recherche concernant la physique des hautes énergies, qui fut le domaine de ses années de chercheur. Les postes éminents qui lui furent alors confiés en France lui permirent très vite d'étendre son action à toutes les activités de recherche.
Bernard Paul Gregory fut, en 1938, reçu premier à l'École normale supérieure et à l'École polytechnique. Il choisit cette dernière. Ses études sont interrompues par la guerre et par la captivité. Après la Libération, il sort premier de l'École polytechnique et devient ingénieur du corps des Mines. Attiré par la recherche scientifique, il passe trois ans au Massachusetts Institute of Technology, où il travaille sur les réactions nucléaires induites par les rayons cosmiques, sous la direction du professeur Bruno Rossi. Il soutient sa thèse de doctorat en 1950.
De retour à Paris, Bernard Gregory se consacre entièrement à la recherche fondamentale, dans le laboratoire de l'École polytechnique dirigé par le professeur Louis Leprince-Ringuet. C'est la grande époque de l'étude des rayons cosmiques à l'aide de « chambres de Wilson » (détecteurs dans lesquels les trajectoires suivies par les particules microscopiques dont on désire observer les interactions se matérialisent par des gouttelettes de liquide formées dans un gaz amené au moment voulu dans un état métastable).
L'équipe qu'il anime, en collaboration avec Charles Peyrou, et qui comprend André Lagarrigue, Francis M […]
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