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BERNARD DE CLAIRVAUX (1090-1153)

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7.  Bernard et le monde : la croisade

L'abbé de Clairvaux s'intéressa aussi, parfois avec vigueur, aux problèmes politiques. Il fut chargé par Innocent II d'essayer de rapprocher l'empereur Lothaire III de son rival Frédéric de Hohenstaufen, révolté contre lui. Il émit des réserves sur le mariage de Louis VII et d'Aliénor d'Aquitaine qui, selon lui, violait la règle canonique d'empêchement en cas de parenté. Il joua avec conviction le rôle de médiateur entre Louis VII et le comte de Champagne, lorsque le Capétien prit les armes contre son puissant vassal (1142), sans celer sa profonde sympathie pour le comte qui était le protecteur de Clairvaux.

Mais, surtout, il intervint dans une entreprise politico-religieuse qui, dans les dernières années de sa vie, raviva son enthousiasme : la croisade. Il s'était déjà intéressé à la Terre sainte lorsque, entre 1128 et 1136, il avait rédigé le traité De laude novae militiae pour exposer à l'ordre naissant des Templiers quels principes spirituels devaient guider son action. Sollicité en 1146 de lancer la prédication pour la deuxième croisade, il hésita quelque temps, puis se jeta résolument dans l'entreprise. Le 31 mars, il adressa un vibrant appel aux clercs et aux nobles réunis à Vézelay. À l'automne et dans l'hiver suivant, il parcourut la France du Nord-Est et l'Allemagne. Après l'échec de l'expédition, il combattit le découragement et demanda un nouvel effort. Un concile réuni à Chartres en 1150 le désigna même comme chef de la future opération qui, faute de moyens, n'eut jamais lieu.

De tout cela se dégage l'impression d'un homme d'une valeur spirituelle exceptionnelle et d'une activité extraordinaire. Il faut noter toutefois que, mis à part sa propre expérience monastique qui fut une réussite exemplaire, la plupart de ses entreprises se soldèrent par l'insuccès : le schisme ne s'éteignit qu'avec la mort d'Anaclet, la méthode d'Abélard continua d'attirer les esprits, la croisade aboutit à un échec. Trop enclin à s'occuper de tout et parfois quelque peu brouillon, Bernard marqua cependant toutes ces œuvres de son empreinte et sut quelquefois détourner leur accomplissement vers des voies nouvelles.

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