4. Élections contestées
C'est ainsi qu'il s'occupa maintes fois d'élections épiscopales contestées, intervenant pour rappeler les règles canoniques ou, plutôt pour appuyer un candidat tenu pour meilleur. Son entreprise la plus célèbre en ce domaine se déroula à Langres en 1138. D'une façon plus générale, il n'hésita pas à donner des conseils aux évêques, les encourageant à remplir leurs obligations, mais critiquant le luxe de leurs équipages et de leur train de vie, ainsi que l'intérêt trop vif qu'ils montraient pour les questions politiques et temporelles.
En 1130, il fut conduit à agir au niveau le plus élevé de l'Église romaine secouée alors par un schisme. À la mort du pape Honorius II, en effet, les cardinaux, divisés en deux clans, ne cherchèrent même pas à se mettre d'accord : le parti des Frangipani élut le 14 février le cardinal Aimeric, qui prit le nom d'Innocent II ; ses adversaires désignèrent le cardinal Pierleone, qui choisit le vocable d'Anaclet II. Ce dernier avait eu pour lui la majorité des électeurs et put aussitôt s'assurer l'appui des Romains. Il reçut l'obédience et l'aide de Roger II, duc de Pouille et de Calabre, à qui il conféra le titre de roi de Sicile. Devant cette double élection cependant, les princes consultèrent le clergé. C'est ainsi qu'en France Louis VI convoqua un synode à Étampes et y invita Bernard. Ce dernier, après avoir hésité, se rendit à l'invitation et, dans une intervention passionnée, se déclara en faveur d'Innocent II, jugé par lui plus saint, donc plus apte et, de ce fait, certainement élu par le groupe le plus sain (sanior pars) des cardinaux. Le Capétien et son royaume adhérèrent alors à Innocent II, qui vint se réfugier en France. L'empereur Lothaire III le reconnut à son tour et conduisit une expédition pour l'installer à Rome. Bernard rejoignit le monarque et le pape et les accompagna dans la Ville (1133). Peu après, le pontife fut à nouveau en butte aux attaques des partisans d'Anaclet ; en mai-juin 1135, il réunit un concile à Pise pour anathématiser son rival. L'abbé de Clairvaux y prit part et prononça un discours très violent. Il négocia ensuite avec Milan l'adhésion de cette cité au pape puis, en 1137, il alla trouver Roger II et essaya vainement de le faire changer de camp. Quelques semaines plus tard, le schisme s'éteignit du fait de la mort d'Anaclet (janv. 1138).
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