2. Bernard moine
Lorsqu'il arriva à Cîteaux en 1112, l'abbaye connaissait de très sérieuses difficultés et voyait ses effectifs se réduire de jour en jour. Bernard lui apporta un nouvel élan et permit à l'ordre cistercien de se développer. Il fut du reste, en tant qu'abbé de Clairvaux, grâce à son rayonnement et à son action, le principal artisan de cet essor. À sa mort, l'ordre comptait 350 maisons, parmi lesquelles 160 avaient été fondées par Clairvaux ou par des établissements issus de cette abbaye.
Quant à lui, il se révéla un bon administrateur et un moine exemplaire, refusant âprement honneurs et dignités. À l'austérité cistercienne, élaborée à partir de la fuite du monde, de la pauvreté et du travail manuel, il ajouta la mise en valeur de la pureté (méfiance à l'égard de la femme, objet de péché, réconciliation avec elle dans le culte de Marie, vierge et mère) et le mépris de la culture et de tout ce qui peut sembler un divertissement pour l'esprit. Il ne ménagea pas les critiques à l'égard de Cluny et échangea à ce sujet une correspondance fort intéressante avec l'abbé Pierre le Vénérable.
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