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FENOGLIO BEPPE (1922-1963)

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2.  La guerre des partisans

Le second pôle de l'œuvre de Fenoglio, c'est la guerre des partisans entre 1943 et 1945 : après un bref passage dans l'armée italienne, Fenoglio rejoint le maquis dans les collines des Langhe, un des hauts lieux de la Résistance italienne ; de cette expérience naît une « somme » dont sont tirés quelques romans et plusieurs nouvelles. Nul doute que des œuvres comme La Guerre sur les collines ou Une affaire personnelle comptent parmi les plus importantes jamais écrites sur cette période et dominent la littérature italienne de la Résistance : c'est qu'avec une extraordinaire acuité et sans la moindre concession à des simplifications partisanes Fenoglio nous restitue cette époque dans sa complexité, ses contradictions, sa splendeur et sa misère. Les sympathies de l'écrivain sont évidentes : entre la boursouflure fasciste, entre ce mélange d'hypocrisie, de conformisme bureaucratique et de froide cruauté, et l'amateurisme un peu brouillon des partisans, son choix est vite fait ; il y a au moins un côté où la liberté et la dignité ont un sens. Mais ce choix immédiat et absolu (mûri d'ailleurs bien avant la guerre) n'empêche pas chez Fenoglio une extraordinaire attention aux mille faits et gestes imprévus, pathétiques ou grotesques, héroïques ou dérisoires qui forment l'humus de l'Histoire.

Au centre de cette saga, nous trouvons un personnage, toujours le même, qu'il s'appelle Johnny ou Milton, en lequel il n'est pas difficile de reconnaître l'écrivain : élégant, désinvolte, mais réservé et presque austère, solidaire sans perdre pour autant son humour corrosif, aussi sûr de sa révolte qu'il est incertain des perspectives qu'elle ouvre, observateur impitoyable et en même temps rêveur et esthète impénitent, ce héros incarne un mélange de désenchantement, d'ironie et de romantisme, une « aristocratie existentielle », une tension intérieure, bref un esprit qui, comme le dit Italo Calvino, couronne le travail de toute une génération et lui donne un sens. Fenoglio reçoit la guerre de plein fouet, il la vit non comme une étape vers une autre vie, une autre société, mais comme une expérience limite qui révèle un homme, l'endurcit mais aussi le dévaste.

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ITALIE - Langue et littérature

Écrit par :  Dominique FERNANDEZPierre LAROCHEAngélique LEVIJean-Paul MANGANAROPhilippe RENARDJean-Noël SCHIFANO

Dans le chapitre "Littérature et Résistance"  : …  su participer à la lutte et partager la mort de son fils, fusillé aux fosses Ardéatines, tandis que *Beppe Fenoglio théorise l'autre attitude en faisant dire au protagoniste de Il Partigiano Johnny (1968) : « La plume, je l'ai laissée à la maison, avec la syntaxe et la grammaire. Pendant tout le temps que je serai ici [au maquis], je n'ai l… Lire la suite

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