3. Classicisme et fantaisie
Le vers de Beowulf est un vers allitérant, c'est-à-dire que l'allitération en constitue la clef de voûte et n'est pas seulement un ornement facultatif et complémentaire comme elle le deviendra plus tard dans la poésie anglaise. D'un point de vue stylistique, l'œuvre est surtout remarquable par l'ampleur et la variété du ton poétique, la sûreté des descriptions, la maîtrise d'une langue riche en termes composés, la fantaisie et l'instantanéité évocatrice des images, les kennings.
La structure du poème ne préoccupe plus aujourd'hui les critiques : la plupart reconnaissent à l'œuvre une unité dans le contraste équilibré et nécessaire du diptyque (jeunesse, vieillesse). Les données linguistiques, le fond culturel de l'œuvre, et l'étude comparative des œuvres médiévales anglaises permettent de supposer que le poème fut rédigé vers 730-750 ; peut-être vers 700, selon Dorothy Whitelock qui, par ailleurs, voit dans le Mercie le berceau du poème. L'œuvre est d'origine anglienne, mais, à vrai dire, il est impossible actuellement d'affirmer qu'elle fut composée en Northumbrie ou en Mercie. On s'interroge encore sur la validité de certaines hypothèses selon lesquelles trois passages suspects seraient des interpolations tardives.
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