Plaines et montagnes de Béotie forment l'arrière-pays immédiat et bientôt l'arrière-banlieue d'Athènes. L'Hélikon (où se dressait le temple des Muses, Zagora) et le Kithèron sont des massifs calcaires aux versants émoussés, largement déboisés, dont les villages qui vivaient de l'élevage et de l'agriculture traditionnels se sont dépeuplés. Dans les plaines argileuses de Thèbes et de Levadhia, dans l'ancien lac de Kopaïs, aujourd'hui bonifié, l'irrigation et la mécanisation permettent de faire parfois deux récoltes par an ; les pommes de terre tardives succèdent aux céréales ou aux oignons, les tomates sont destinées à des conserveries, les maïs hybrides et la luzerne à des élevages industriels. Ces transformations sont induites par la capitale, dont la proximité est soulignée par l'essaimage d'ateliers industriels qui soutiennent la croissance démographique de Thèbes, gros village devenu petite ville, et celle de Levadhia, capitale de la région et point de contact avec les montagnes de Phocide. Une partie de la population rurale est employée dans l'agglomération d'Athènes, cependant que les ressources locales en main-d'œuvre, la présence de terrains à bon marché et diverses facilités fiscales ont attiré les entreprises industrielles à Skhimatar, lieu où l'autoroute de Salonique entre dans le nome de Béotie. Celui-ci comptait 125 500 habitants en 2006.
Pierre-Yves PÉCHOUX
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