Originaire de Normandie, Isaac Bensérade vient chercher fortune à Paris et plaît immédiatement à Richelieu. Il s'intéresse d'abord au théâtre (et à une comédienne, la Bellerose) et fait jouer sans grand succès cinq pièces, dont Cléopâtre. À la mort de Richelieu, il gagne la faveur de Mazarin et de la reine, ce qui lui vaut de fort belles pensions. Il a peu de savoir, mais beaucoup d'esprit et devient l'amusement de la Cour : le peignant sous les traits de Théobalde, La Bruyère dira qu'il était « la coqueluche ou l'entêtement de certaines femmes qui ne juraient que par [lui] et sur [sa] parole, qui disaient : cela est délicieux ; qu'a-t-il dit ? ». Diseur de bons mots, à la fois familier et arrogant, il est réputé pour ses impertinences et pour ses épigrammes qui lui valent beaucoup de succès et quelques bastonnades. Poète galant fort apprécié, il rime dans tous les petits genres à la mode ; en 1653, la Cour et le monde des lettres se divisent à la suite de Mme de Longueville et du prince de Conti, son frère, entre « uraniens », partisans du sonnet de Voiture Uranie, et « jobelins », qui lui préfèrent le Job de Bensérade. Celui-ci triomphe da […]
