Après un apprentissage d'orfèvre chez Ghiberti, Gozzoli devient l'élève et le collaborateur de Fra Angelico. Il travaille avec lui à la cathédrale d'Orvieto (1447) et au Vatican, dans la chapelle de Nicolas V (1447-1450). L'art tout imprégné de spiritualité naïve du maître éveille chez le disciple, avec un sens délicat des couleurs, le don des évocations merveilleuses, rendues proches par la transposition des sujets dans une ambiance contemporaine, la simplicité des attitudes, l'attention aux détails familiers. Son œuvre personnelle commence avec les fresques (disparues) peintes durant son séjour à Rome, à Santa Maria in Aracoeli et à Sainte-Marie-Majeure, qui lui valurent une grande renommée de décorateur. Il est ensuite appelé en Ombrie, à Montefalco, et peint, dans l'église Saint-François (aujourd'hui musée), des scènes de la légende franciscaine où il donne libre cours à son talent narratif (1450-1452). En 1459, à Florence, il réalise au palais Médicis (aujourd'hui Riccardi) son œuvre la plus fameuse avec un ensemble de fresques représentant la Nativité et, surtout, le Cortège des Rois mages
; cette fresque, dont la restauration s'est achevée en 1994, déroule sur les murs de la chapelle, à travers un panorama féerique évoquant la campagne toscane et les jardins du Paradis, un brillant cortège dont les personnages, vêtus de brocart, de tissus brodés d'or et de pierreries, constituent une suite de portraits contemporains : ceux des Médicis, de l'empereur Jean Paléologue et du peintre lui-même. Dans ses fresques de la Vie de saint Augustin, à San Gimignano (église Saint-Augustin, 1453-1457), et dans les vingt-deux scènes de la Bible, exécutées entre 1468 et 1484 au Campo Santo de Pise (en grande partie détruites lors de la Seconde Guerre mondiale), les paysages, les édifices imaginaires et les architectures contemporaines, les activités paisibles ou laborieuses des personnages sont décrits avec l'aisance d'une invention un peu facile, mais pleine de fraîcheur, qui s'attache à l'élégance des silhouettes, au charme de l'enfance, à la poésie de la nature. Les dessins de Gozzoli, généralement exécutés à la plume et à la gouache sur papier teinté, expriment la même sensibilité.
Photographie
Chapelle du palais, Medici-Riccardi, Michelozzo di Bartolomeo Chapelle du palais Medici-Riccardi. Michelozzo di BARTOLOMMEO, architecte. Fresques de Benozzo GOZZOLI, 1459. Medici-Riccardi, Florence, Italie.
Crédits: The Bridgeman Art Library Consulter
Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE
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