4. Une œuvre à redécouvrir ?
Deux facteurs ont contribué à masquer l'importance de l'œuvre constantienne. D'une part, la gloire posthume d'Adolphe et des écrits intimes (qui n'étaient pas destinés à la publication) a attiré la critique vers l'aspect le plus brillant de son œuvre, tandis que les progrès de l'érudition n'étaient pas encore en mesure d'éviter les pièges de la « fascination biographique ». D'autre part, il faut noter l'absence de concordance parfaite entre l'œuvre publiée par l'auteur et celle qu'il a laissée à l'état manuscrit. Or cette dernière permet précisément de mieux saisir l'unité profonde d'un travail en perpétuel recommencement. La recherche récente tente donc d'appréhender globalement l'homme et l'œuvre dans son contexte social, politique et culturel. Les options fondamentales de Constant étant en général connues, on n'attend plus de révélations surprenantes ; mais la critique veut mettre en premier plan les procédés d'écriture, la genèse des textes et tout ce que les archives peuvent nous apprendre sur le travail intellectuel entre la période des Lumières et le positivisme. Peu importe ou tant mieux si l'homme ressort différent de cette enquête ; l'essentiel est de restituer une œuvre conforme à son élaboration progressive, dans la perspective qui fut celle de l'auteur.
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