3. La guerre et la fin du fascisme (1940-1945)
C'est à bien des égards l'échec de cette « révolution culturelle du fascisme » (De Felice) qui conduit Mussolini à faire entrer son pays dans la guerre en juin 1940, contre le sentiment quasi unanime de la classe dirigeante, des chefs de l'armée et du peuple italien. En choisissant de lier son sort à celui de l'Allemagne, le Duce ne vole pas seulement au secours d'une victoire qui paraît acquise. Il s'engage dans le conflit parce qu'il estime que des sacrifices imposés à son peuple sortira enfin cette race retrempée et régénérée dont il ne cesse depuis vingt ans de vouloir restaurer les vertus guerrières.
Le sort des armes, particulièrement défavorable à l'Italie, première des puissances de l'Axe à succomber aux assauts des Alliés, en décidera autrement. Dès la fin de 1941, tandis que les nuages s'accumulent et que l'Italie devient de plus en plus dépendante de son alliée germanique, l'ancien socialiste devenu chef de guerre – il s'était fait décerner en 1938 le titre de « premier maréchal de l'Empire » – n'est plus que l'ombre de lui-même. Muré dans sa solitude, affaibli par la maladie, il passe sans transition de l'optimisme le plus démesuré à la dépression. Plus indécis que jamais, en proie à une méfiance extrême envers presque tous les dirigeants fascistes, il passe de longues périodes hors de Rome, dans sa maison de campagne romagnole, coupé d'un peuple qui n'aspire plus qu'à la liberté et à la paix.
C'est un homme diminué et désespéré qui se rend, le soir du 24 juillet 1943, à la réunion du Grand Conseil du fascisme. Depuis plusieurs mois, des représentants de la Cour et quelques-uns des hiérarques fascistes qui, comme le roi Victor-Emmanuel III, souhaitent faire sortir leur pays de la guerre, ont pris contact avec les Alliés et mis au point un scénario obligeant le Duce à abandonner le pouvoir. À l'issue d'une séance dramatique qui se prolonge tard dans la nuit, l'ordre du jour présenté par Dino Grandi, qui exige l'abo […]
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