2. Le maître de l'Italie fasciste (1922-1940)
À partir de 1920, la vie de l'ancien directeur de l'Avanti ! se confond avec celle de son mouvement (devenu Parti national fasciste en 1921), puis avec celle du régime qu'il a instauré en octobre 1922 à la suite d'une période de violence dont le point d'aboutissement fut la « marche sur Rome » et la désignation de Mussolini comme Premier ministre : un régime dont le raidissement autoritaire et totalitaire lui est largement imputable. Mussolini a vite troqué, en effet, le mode de vie du journaliste et du dirigeant politique ordinaire pour celui du chef charismatique et de l'homme d'État, en attendant de poser pour l'histoire sous les traits du nouveau César. L'image qu'il s'applique à donner de lui-même est celle de l'homme d'exception, doté d'une force morale et de qualités intellectuelles et physiques hors du commun. Il utilise à cette fin tous les moyens que les services de propagande mettent à sa disposition : photographies soigneusement élaborées et sélectionnées, affiches, bandes d'actualité, etc. Mussolini est le premier dirigeant populiste du xxe siècle à avoir su utiliser de manière massive la radio et le cinéma. Il aime être immortalisé dans les gestes du travailleur (maçon, laboureur, forgeron, etc.) ou dans ceux du sportif émérite pratiquant les activités les plus viriles et les plus dangereuses. Il se plaît à faire figure de condottiere ou de légionnaire victorieux, s'adressant aux masses torse bombé, menton en avant et poings sur les hanches. Dès la fin des années 1920, c'est une véritable religion civile, avec sa liturgie, ses fêtes, son culte du « guide » quasi divinisé, qui s'est constituée autour de la figure emblématique de « l'homme de la Providence ». Toutefois, derrière le héros appliqué à forger sa légende, il y a un Mussolini « petit-bourgeois », hésitant, inquiet, très attaché à sa famille, ce qui ne l'empêche pas de rechercher les succès féminins et d'entretenir, à partir de 1936, une liaison amoureuse avec Claretta Petacci, jeune femme issue de la bonn […]
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