4. Le « Renouveau démocratique »
• La Conférence nationale : l'expérience d'une transition réussie
Ajouté aux retards croissants dans le paiement des salaires, le « scandale des banques » déclencha une extraordinaire vague de mobilisation qui allait mettre à bas le pouvoir issu du coup d'État de 1972. Les étudiants et les enseignants furent les premiers à manifester leur mécontentement : en réponse aux mesures d'austérité annoncées par Mathieu Kérékou, ils s'engagèrent, en janvier 1989, dans un mouvement de grève illimitée, bientôt suivis par les autres secteurs de la fonction publique. Le mouvement se renforça encore avec l'engagement de l'Église catholique – très puissante dans le Sud-Bénin –, qui publia une lettre pastorale dénonçant les dérives du pouvoir. Les forces de l'ordre cachaient mal leur malaise et se divisaient quant à l'attitude à adopter vis-à-vis des opposants. L'ensemble du pays était paralysé.
Malgré les mesures d'apaisement prises par le gouvernement (règlement des arriérés de salaires, création d'une Commission des droits de l'homme, loi d'amnistie pour les prisonniers politiques, nomination d'un gouvernement d'ouverture), la protestation se radicalisa sous la double influence des syndicats nouvellement créés et du Parti communiste du Dahomey qui, depuis les années 1970, organisait la résistance dans la clandestinité. Les revendications corporatistes cédèrent alors rapidement le pas à une critique politique du régime. Face à la violence des protestations et à la pression des bailleurs de fonds, le pouvoir dut capituler : les 6 et 7 décembre 1989, les plus hautes instances du P.R.P.B. abandonnèrent officiellement la ligne marxiste-léniniste et annoncèrent la tenue d'une Conférence nationale devant donner lieu à la rédaction d'une nouvelle Constitution.
Cette conférence se tint à Cotonou du 19 au 28 février 1990, après une « guerre des quotas » entre le pouvoir et l'opposition sur la question du nombre de délégués devant représenter les « sensibilités pol […]
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