Né en Sicile, Beniamino Joppolo s'installe à Florence où il termine des études de sciences politiques et sociales. Son refus militant de la dictature se solde par plusieurs années d'incarcération et d'exil politique dans le sud de l'Italie. Déserteur de l'armée fasciste, il déchire sa carte d'adhésion au Parti communiste italien juste après la Libération. Entre 1945 et 1949, il publie deux romans traduits en français par Jacques Audiberti. Dans Les Chevaux de bois (La Giostra di Mechele Civa, 1945) apparaît le personnage d'un paysan sicilien engagé pour une prime dans l'aviation fasciste et qui, après avoir pris conscience de s'être vendu à la pire des violences, manifeste sa rébellion par une série de crimes dont les victimes innocentes partagent d'ailleurs son pacifisme et son antimilitarisme bafoués ; dans Le Chien, le Tram et le Photographe (Un Cane ucciso, 1949), un petit bourgeois milanais découvre, en commettant plusieurs meurtres, une volupté compensatrice par rapport à la vie que lui impose l'Italie industrielle. À une époque où la littérature partisane italienne tombe souvent dans des descriptions populistes, Joppolo présente, dans u […]
