1. Formation du Benelux
Divers facteurs ont incité les nations du Benelux à créer entre elles une union douanière puis économique. Le plus décisif a sans doute été la volonté de bénéficier des avantages résultant de la liberté des échanges et de la division internationale du travail. Depuis longtemps, en effet, ces pays affirment une vocation commerciale à l'échelle internationale, qui s'explique aussi bien par leur dimension que par leur histoire et leur génie national : les trois États du Benelux constituent une forte puissance exportatrice et deux d'entre eux, la Belgique et le Luxembourg, avaient constitué dès 1921 une Union économique. Cette volonté politique, au niveau des populations et au niveau des gouvernements, a été une incitation majeure à la formation du Benelux, bien plus que des affinités culturelles, linguistiques ou religieuses qui aujourd'hui encore ne sont pas particulièrement développées.
Voulant mettre en œuvre cette Union économique, les responsables ont dû tenir compte des différences entre les entités nationales et de l'indépendance de chacune des parties ; et il n'y eut aucun pas prématuré dans la voie d'une supranationalité de caractère coercitif. C'est pourquoi jusqu'ici les décisions n'ont jamais pu être prises que par accord des trois pays, quitte à retarder un certain nombre de solutions aussi longtemps que le consensus n'était pas réalisé. L'accent a été mis sur l'union douanière – avec sans doute les conséquences qu'elle impliquait quant à l'harmonisation des politiques économiques – plus que sur l'intégration économique proprement dite. Le but poursuivi fut donc d'abord celui d'un seul marché, au sein duquel coexistent trois États différents maîtres de leur souveraineté. Dans quelle mesure ces deux exigences divergentes ont-elles pu être conciliées ?
Le cadre institutionnel du Benelux traduit ce double souci ; ainsi les traités et conventions doivent-ils être approuvés par les Parlements respectifs et leur sont-ils soumis par un Comité de […]
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