2. La transformation de l'État
• L'amorce de la réforme
La législature qui s'ouvre après les élections législatives de mars 1968 est marquée par une importante révision de la Constitution, adoptée alors même que la coalition gouvernementale, composée des sociaux-chrétiens et des socialistes et menée de nouveau par Gaston Eyskens, ne dispose dans aucune des deux Chambres de la majorité requise des deux tiers.
L'existence de trois communautés culturelles (néerlandaise, française et allemande) et de trois régions (Flandre, Wallonie et Bruxelles) est consacrée en 1970. Il est satisfait ainsi à la fois à la revendication flamande d'autonomie culturelle et à la revendication wallonne de régionalisation. D'autres aménagements sont apportés au texte constitutionnel. Il est notamment prévu que certaines lois ne pourront être adoptées qu'à la condition de réunir une majorité dans chaque groupe linguistique de chaque Chambre. De même, d'autres dispositions garantissent la protection de la minorité francophone. Une loi comme celle qui, en 1962, avait fixé le tracé de la frontière linguistique ne pourrait donc plus être adoptée dans les conditions où elle l'avait été, par une majorité d'élus flamands opposée à une majorité des élus francophones.
En même temps que la révision de la Constitution, le gouvernement fait adopter une loi portant organisation de la planification et de la décentralisation économique en vertu de laquelle seront créés divers organes d'étude, de consultation et de gestion, dont certains à la dimension des régions.
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