2. L'explosion d'un mythe
Dès 1953, Maurice Béjart est de retour à Paris où il fonde les Ballets romantiques qui, l'année suivante, deviennent les Ballets de l'Étoile et se produisent au Théâtre de l'Étoile. Parallèlement, il produit des spectacles au café-théâtre La Fontaine des quatre saisons, dirigé par Jacques Prévert. En 1957, sa compagnie devient le Ballet Théâtre de Paris. La Sonate à trois (musique de Bartók), tout comme Orphée (1958 ; musique fédératrice de Pierre Henry) connaissent un franc succès. Mais le meilleur de l'engouement populaire reste à venir. En 1959, Maurice Huisman, alors directeur du Théâtre royal de la Monnaie à Bruxelles, invite Béjart à réaliser un ballet : le Sacre du printemps (musique de Stravinski) est accueilli par l'ovation du public. Désormais, Bruxelles est la ville d'adoption de Béjart. C'est là qu'il fonde, en 1960, le Ballet du xxe siècle. Le triomphal Boléro de Ravel, en 1961, naît de cette union entre le chorégraphe et la ville. En 1964, il crée la Neuvième Symphonie de Beethoven au Cirque royal de Bruxelles. L'infléchissement est ainsi donné : Béjart fait sortir la danse des théâtres pour la transporter dans des lieux plus populaires encore pour toucher un public jusqu'alors non atteint par le spectacle de ballet. Des choix forts marquent cette option : Roméo et Juliette (sur la partition de Berlioz), est donné en 1966 dans plusieurs palais des sports et jardins ; Messe pour le temps présent (musique de Pierre Henry) en 1967 au festival d'Avignon, ainsi que, en 1968, les trois volets de Bhakti (musiques hindoues). Les préoccupations profondément métaphysiques de Béjart et sa réflexion constante sur la mort côtoient ses engouements pour les pays qu'il visite : l'Inde avec Bhakti, L'Iran avec Golestan (1973), mais aussi l'Autriche avec notamment Wien, Wien, nur du allein (1982).
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