Lorsque Glélé, roi du Dahomey, meurt le 29 décembre 1889, son fils, Kondo, lui succède sous le nom de Béhanzin. Il profite de la saison sèche pour préparer son armée à la lutte contre les Français, qui ont reçu des renforts en février 1890. Le 4 mars, une violente attaque des forces dahoméennes sur Cotonou est repoussée. Le 19 avril, Béhanzin en personne, à la tête de plusieurs milliers d'hommes, cerne Porto-Novo mais ne peut emporter la ville d'assaut. Des otages français, pris à Ouidah, sont conduits à Abomey. L'un d'eux décrit ainsi Béhanzin : « Il a quarante ans environ, c'est un nègre admirable, bien pris quoique de taille moyenne. La figure est ouverte, intelligente, le regard franc et droit. » L'échange de ces otages est l'occasion de négociations entre les représentants de la France et Béhanzin. L'accord de Ouidah, conclu le 30 octobre 1890, reconnaît à la France le protectorat sur Porto-Novo, en échange d'une rente annuelle. Les deux parties profitent de ce répit pour se préparer activement à la guerre. Béhanzin dispose de 15 000 hommes armés de fusils et de couteaux-machettes, et de 4 000 amazones pareillement équipées. Il a 5 000 fusils à tir rapide. En face, 800 homm […]
