2. Aspects institutionnels
Ce n'est pas ici le lieu de faire le point sur les divers problèmes posés aux islamologues par l'évolution de la notion de hisba et les rapports unissant le muhtasib à son prédécesseur, le « maître du marché » (Sāhib al-sūq), plus ou moins dérivé de l'agoranomos antique. On se contentera de rappeler que la composante morale et religieuse de la tâche du muhtasib restera toujours sensible, mais que les limites de ses devoirs, par rapport à ceux du qadi ou « juge » et de la shurta ou « police », n'étaient pas clairement définies. Les peines qu'il pouvait infliger allaient de la fustigation au bannissement, en passant par l'exhibition infamante et la confiscation des marchandises ne correspondant pas aux normes. Quant à sa fonction de surveillance du marché, elle consistait dans la vérification des poids et mesures et dans le contrôle de la qualité des objets proposés à la vente : le muhtasib devait guetter les fraudes commerciales, contrôler le bon aloi des monnaies (dans les cas où il n'y avait pas un préposé à cet office) et veiller au respect rigoureux de l'interdiction coranique de l'usure. S'il contrôlait les prix, il n'avait cependant pas le droit de les fixer. La surveillance du marché comprenait celle des apothicaires et médecins ainsi que celle des maîtres d'écoles coraniques qui, apparemment, avaient tendance à punir trop brutalement les enfants. On ajoutera que, le muhtasib devant encore veiller au respect des normes de sécurité dans la construction des maisons et dans l'installation des boutiques, s'occuper du nettoyage des rues et du bon état des remparts, assurer enfin l'approvisionnement et la distribution de l'eau dans la ville, ses activités de « surveillant du marché » ne correspondaient qu'à une petite partie de ses tâches. Il se faisait généralement aider par quelques agents subalternes, notamment un amīn ou arīf pour chaque métier, c'est-à-dire « un homme de confiance appartenant à la profession » (Goitein) qui l'assistait dans l'exercice de ses fonctions pour le […]
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