La situation militaire de la Russie en guerre contre le Japon se dégradant en Extrême-Orient, Nicolas II décide l'envoi d'une escadre de secours (4 cuirassés à peine achevés, 11 cuirassés et croiseurs anciens ou hors d'âge, 9 destroyers). Partie de la Baltique, aux ordres de l'amiral Rodjestvensky, celle-ci parvient, après un périple de sept mois de navigation épuisante pour contourner l'Afrique puis traverser l'océan Indien et les mers de Chine, à l'entrée du détroit de Corée en vue de l'île de Tsushima le 27 mai 1905. Elle est attendue par l'amiral Tōgō qui lui « barre le T » avec 4 cuirassés, 8 croiseurs cuirassés, 14 croiseurs et 21 torpilleurs. Le tir japonais, très précis, disloque les trois lignes russes. En quelques heures, les quatre cuirassés de tête sont mis hors de combat. Rodjestvensky, blessé, est fait prisonnier. Son remplaçant Nebogatov capitule avec les rares bâtiments rescapés le 28 mai au matin. Seuls un croiseur et deux destroyers rallieront Vladivostok. Le reste de l'escadre russe est coulé, capturé ou interné. Les Russes comptent 5 000 morts, 6 000 prisonniers et 700 blessés, contre 600 hommes mis hors de combat pour les Japonais, dont les pertes matérielles se limitent à trois destroyers coulés et deux croiseurs endommagés. Vraie bataille de destruction, Tsushima entraîne la suprématie du Japon en Extrême-Orient. Elle a démontré le rôle déterminant du torpilleur et de la grosse artillerie dans le combat naval du début du xxe siècle.
Michèle BATTESTI
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