Retiré à Cadix, depuis qu'il a jugé impossible de rallier la Manche pour appuyer l'invasion de l'Angleterre, le vice-amiral français Villeneuve s'y retrouve bloqué par Nelson à partir d'août 1805. Engagé dans la campagne d'Allemagne, Napoléon lui ordonne de gagner Naples. Villeneuve appareille le 19 octobre avec 33 vaisseaux, dont 15 espagnols. Le 21 vers midi, il se heurte au large du cap Trafalgar aux 27 vaisseaux de Nelson. Formé en deux colonnes, Nelson se fait volontairement « barrer le T » pour écraser le centre et l'arrière-garde franco-espagnole avant que l'avant-garde du contre-amiral Dumanoir n'ait le temps d'intervenir. La manœuvre réussit. Les vaisseaux franco-espagnols sont attaqués successivement et foudroyés à bout portant par les caronades anglaises. Nelson est tué sur le Victory ; Villeneuve fait prisonnier sur le Bucentaure ; l'amiral espagnol Gravina, à l'arrière-garde, mortellement blessé. À 17 heures, la flotte franco-espagnole est détruite ou dispersée. À l'issue du combat du cap Ortegal, le 4 novembre, où les 4 vaisseaux de Dumanoir sont capturés, il ne subsiste plus que 5 vaisseaux français et 5 espagnols réfugiés à Cadix. Environ 5 500 Français et Espagnols ont péri, contre 449 Britanniques. Ce désastre contraint Napoléon, en dépit de sa victoire à Austerlitz le 2 décembre, à décider le Blocus continental, faute de pouvoir envahir l'Angleterre. Celle-ci a acquis la suprématie maritime pour un siècle.
Photographie
Trafalgar La bataille navale de Trafalgar, en 1805. La flotte anglaise de l'amiral Nelson défit l'escadre franco-espagnole composée de trente-trois bâtiments sans perdre un seul navire, mais Nelson devait trouver la mort au cours de l'affrontement.
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Michèle BATTESTI
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