La bataille de Pydna, qui clôt la dernière des trois guerres entre Rome et la Macédoine, symbolise la victoire de la légion romaine sur la phalange macédonienne et la fin de l'indépendance de la Grèce. En effet, après deux ans d'opérations incertaines, Rome envoie un général âgé mais énergique, Paul Émile, qui reprend en main l'armée, pénètre en Macédoine grâce à une manœuvre de contournement et affronte le roi Persée non loin de la cité de Pydna, dans le nord du pays, moins d'un mois après son arrivée en Grèce. La date de la bataille – le 22 juin – nous est connue grâce à un fait précis, une éclipse qui s'est produite la veille. En moins d'une heure, la phalange macédonienne terrifiante mais rigide se disloque sous les coups de la légion romaine, beaucoup plus souple grâce à son organisation en manipules. Cette victoire rapide et sanglante incite le Sénat romain à imposer au monde grec un règlement sévère du conflit : la Macédoine est démembrée en quatre régions, et sa monarchie abolie ; il faudra attendre toutefois la révolte de — 148 pour qu'elle soit réduite au statut de province. Pour l'historien grec Polybe, qui est emmené en otage à Rome en — 167, la date de cette bataille marque l'établissement de l'Empire romain sur le monde, c'est-à-dire, pour lui, le monde grec.
Photographie
Bataille de Pydna Le 22 juin 168 avant J.-C., les phalanges macédoniennes du roi Persée sont écrasées à Pydna par les légions romaines commandées par le consul Paul Émile. Cette victoire provoque la chute du royaume hellénistique de Macédoine, vieil allié de Carthage. Aquarelle de Peter Connolly.
Crédits: P. Connolly/ AKG Consulter
Xavier LAPRAY
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