Le 26 août 1071, à Mantzikert (Malazgird), une petite localité d'Anatolie orientale située au nord du lac de Van, Alp Arslan (1063-1072), deuxième sultan des Turcs Seldjoukides, bat les troupes réunies et dirigées par l'empereur byzantin Romain IV Diogène, qu'il fait prisonnier. Cette victoire éclatante assure la gloire personnelle d'Alp Arslan, ouvre une décennie de luttes pour le pouvoir impérial à Constantinople et favorise l'implantation des tribus turcomanes en Asie Mineure. Celles-ci, dirigées par Sulayman ibn Qoutloumouch, soutiennent certains des prétendants au trône impérial byzantin et obtiennent finalement de leur candidat, Alexis Comnène (basileus de 1081 à 1118), la concession d'une partie de l'Asie Mineure centrale et nord-occidentale. La victoire de Mantzikert, après l'entrée à Bagdad, en 1055, de Toghroul Beg, le premier sultan seldjoukide, inaugure pour l'Islam une longue période marquée par la domination politique de « peuples nouveaux », turcs en Orient, berbères en Occident.
Le vizir persan Nizam al-Mulk, nommé par Alp Arslan, utilise l'institution des madrasas (établissements d'enseignement), à des fins de propagande politique et religieuse. Ainsi, dès le xie siècle, les sultans seldjoukides contribuent au renouveau de l'islam sunnite pour légitimer leur pouvoir.
Pascal BURESI
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