En juin 1863, après deux années de combats indécis, le général Lee décide de frapper le cœur de l'Union et d'envahir la Pennsylvanie pour atteindre Washington, à la tête d'une armée confédérée de 75 000 hommes. Il se heurte aux 95 000 hommes de l'armée du Potomac du général George Gordon Meade, à proximité de la petite ville de Gettysburg. Au cours de la bataille qui dure trois jours et se déploie sur un théâtre d'opération de 80 kilomètres carrés, les renforts ne cessent d'affluer de part et d'autre.
La bataille a compté quelques charges de cavalerie mais surtout de furieux assauts d'infanterie menés selon une stratégie « offensive-défensive », d'attaques et de contre-attaques incessantes. Les fusillades y sont particulièrement meurtrières. Le 3 juillet débute par un duel d'artillerie engageant près de 300 pièces. Commandée par le général Pickett, l'ultime charge d'infanterie sudiste, étirée sur près de 1 500 mètres et devant parcourir 1 800 mètres de terrain découvert jusqu'aux lignes de l'Union, est écrasée par l'artillerie nordiste qui feignait d'être anéantie. En moins d'une heure, près de 10 000 sudistes sont mis hors de combat, sur les 15 000 engagés dans cette ultime et désastreuse offensive.
Véritable tournant de la guerre de Sécession, cette sanglante bataille constitue aussi, par la concentration des moyens employés, la précision et la puissance de feu (fusils et canons rayés, obusiers et mortiers) et la gravité des pertes (28 000 confédérés et 23 000 nordistes), l'une des premières batailles de destruction massive modernes.
Pascal LE PAUTREMAT
Retour en haut



