La victoire décisive que remporte Philippe II de Macédoine à Chéronée (Béotie) contre Athènes et ses alliés marque l'échec final de la politique de résistance à la Macédoine qu'a animée passionnément depuis — 354 l'orateur athénien Démosthène (Olynthiennes, Philippiques) en s'efforçant de galvaniser les cités grecques, très affaiblies par leurs luttes incessantes. Le pacificateur appelé de leurs vœux par bien des intellectuels du ive siècle avant notre ère, tel Isocrate, viendra finalement du nord, de cette Macédoine marginale et attardée, en la personne du roi Philippe II, qui règne de — 359 à — 336, génie politique qui saura s'imposer aux cités en moins de vingt ans. Après sa victoire finale, il aura l'habileté de se montrer très modéré en substituant simplement à la seconde confédération dirigée par Athènes une ligue de Corinthe qu'il préside, première ébauche d'un État fédéral panhellénique, à qui il assigne pour objectif commun de conquérir l'Asie Mineure sur la Perse – un grand dessein que son fils Alexandre accomplira au-delà de toute vraisemblance. En réalité, les cités grecques ont perdu leur indépendance : elles seront désormais sous le protectorat d'abord de la Macédoine, puis des monarchies hellénistiques, de Rome enfin.
Bernard HOLTZMANN
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