En septembre 1804, renonçant à envahir l'Angleterre, Napoléon lance la Grande Armée depuis les côtes de la mer du Nord au cœur de l'Europe pour frapper séparément les coalisés russes et autrichiens. Après avoir obtenu la reddition du général Mack à Ulm le 20 octobre et fait son entrée dans Vienne abandonnée le 14 novembre, il recherche une victoire décisive sur les armées alliées de l'empereur d'Autriche François Ier et du tsar Alexandre Ier, déjà nettement supérieures et qui attendent des renforts : 90 000 Austro-Russes, dont 25 000 cavaliers et 278 canons, contre 75 000 Français dont 21 800 cavaliers et 160 canons. Le choc a lieu à 100 kilomètres au nord de Vienne, en Moravie, entre la ville de Brünn (Brno) et le village d'Austerlitz (Slovko). Feignant l'hésitation, Napoléon demande un armistice puis abandonne à l'ennemi une position centrale sur les hauteurs de Pratzen. Le 2 décembre, dès l'aube, les Austro-Russes se ruent sur son aile droite dégarnie, pour lui couper la route de Vienne au sud. Vers 9 heures, le corps d'armée de Soult, dissimulé en contrebas par la brume, attaque au centre, s'empare de Pratzen et prend bientôt à revers l'aile gauche des coalisés, qui cède à la panique. L'armée alliée est coupée en deux. Son aile droite est retenue au nord par Lannes et la cavalerie de Murat. Les contre-attaques désespérées de Koutouzov au centre sont vaines. Après midi, les coalisés reculent partout en désordre. Les Français, qui eurent moins de 2 000 tués et 3 500 blessés, s'emparent de 45 étendards et de 185 canons. Les coalisés dénombrent pour leur part 16 000 tués et blessés, et plus de 10 000 prisonniers.
Pascal LE PAUTREMAT
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