À s'en tenir aux chiffres, le Bassin parisien est la composante principale de l'espace géographique français : dans l'acception la plus large, presque 40 p. 100 de la population française et près de 45 p. 100 du P.I.B. sur 30 p. 100 de la surface du pays. Pourtant, son statut, aussi bien dans la géographie régionale de la France que dans l'armature politique et administrative du pays, est loin de refléter des chiffres aussi impressionnants. En fait, la notion de Bassin parisien recouvre trois réalités dont l'importance est inégale. La première et la plus évidente relève de la géographie physique : il s'agit d'un bassin sédimentaire de première grandeur, occupant l'essentiel de la France du Nord, entre Massif armoricain, Massif central et Vosges. La seconde, plus discutable, est celle d'un ensemble régional, humain et économique, occupant plus ou moins le même espace à quelques variantes près, mais quelque peu hétérogène, inégalement dynamique et globalement dominé par l'influence parisienne comme son nom l'indique. La troisième dimension de cette réalité, la moins connue, décrit l'une des échelles de l'aménagement du territoire français, marquée par la contradiction entre l'importance apparente des enjeux, évoquée plus haut, et la timidité, voire la quasi-clandestinité, des politiques d'aménagement ; le Bassin parisien représente sans guère de doute le « maillon » le plus faible de l'aménagement du territoire français.
Les différentes régions constituant, en tout ou en partie, le Bassin parisien, faisant chacune l'objet d'un article spécifique, nous ne développerons ici que les aspects généraux du bassin, ou les aspects communs à ces régions ou, tout au moins, à plusieurs d'entre elles.
1. Les limites du Bassin parisien
L'un des points les plus frappants de la géographie du Bassin parisien est que, selon les aspects évoqués, son périmètre diffère. Sur le plan physique, il comprend les territoires correspondants aux régions Île-de-France, Centre, Champagne-Ardenne, Lorraine (sauf les Vosges), Ba […]
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