Né avec le siècle dans le Yorkshire. L'itinéraire de Basil Bunting, inhabituel pour un poète britannique de son âge, le conduira successivement en Italie, aux côtés d'Ezra Pound, aux Canaries, aux États-Unis, en Iran, avant qu'il ne revienne s'installer dans sa terre natale. De même qu'il voyagera plus que ses pairs, somme toute assez casaniers, il occupera plusieurs métiers et fonctions, sur le modèle américain, passant du rôle de secrétaire à celui de pilote de yacht, critique musical puis consul britannique à Ispahan. Poète paradoxal du peu de biographie, Basil Bunting fera preuve d'une égale discrétion et rigueur quant à son art. Son œuvre entière, fortement travaillée et sculptée par ses soins, tient dans les cent cinquante-deux pages d'un volume des Oxford University Press. Les rapports du poète avec le temps sont tout également remarquables, puisqu'il n'écrira son poème principal Briggflatts qu'en 1965. Mais cet anachronisme savant est sans doute riche d'énormes virtualités pour la fonction poétique contemporaine. Il ne faut d'ailleurs sans doute pas sous-estimer ce qu'il entre de spiritualité dans cette attitude. Basil Bunting se réclame de la communauté des qua […]
