Matsuo Munefusa, dit Bashō, est généralement considéré comme l'interprète le plus authentique du génie poétique japonais. Avec Chikamatsu le dramaturge et Saikaku le romancier, on le compte parmi les « trois grands » écrivains de son siècle. Maître incontesté du haikai-renga, du « poème libre en chaîne », qu'il pratiquait assidûment avec ses disciples, il fit du haiku,poème en dix-sept syllabes, un mode d'expression privilégié, mais excella surtout dans le haibun,prose poétique ponctuée de haiku.
Issu d'une famille de bushi(guerriers), vassale des châtelains d'Ueno dans la province d'Iga, le jeune Munefusa avait été dès son enfance attaché en qualité de page à la personne de l'héritier de son seigneur, Tōdō Yoshitada. Aux côtés de ce dernier, il suivit les leçons, entre autres, de l'un des maîtres du haikaide ce temps, Kitamura Kigin. Yoshitada cependant mourut en 1666, et Munefusa, libéré de ses attaches féodales, quitta sa province pour Kyōto où il poursuivit ses études. En 1672, précédé d'un certain renom déjà, il se rendit à Edo, la capitale des shōgun […]
