3. Les gabbros
• Caractères généraux
Les gabbros sont des roches plutoniques, donc grenues, mésocrates (indice de coloration > 50), constituées essentiellement de plagioclases basiques et de pyroxènes. La texture « gabbroïde » est caractérisée par le développement presque isodiamétrique des minéraux, et plus particulièrement des feldspaths ; dans les gisements filoniens, elle a souvent tendance à devenir pœcilitique (variété de la texture doléritique où de grands cristaux de pyroxènes englobent des lattes feldspathiques) ; il existe aussi des gabbros orbiculaires en Corse, en Norvège et en Californie. Le grain est en général assez gros, notamment dans les « euphotides », utilisées en marbrerie, et l'on connaît même des variétés très largement cristallisées, que l'on dénomme « pegmatitoïdes » (pour éviter toute confusion avec le terme « pegmatite » qui, dans le cas des roches acides, a également un sens métallogénique particulier).
Le plagioclase est le plus souvent du labrador ; par convention, on parle de diorite lorsque la basicité tombe au-dessous de la valeur An50. En raison de l'absence de zonation, ainsi que pour des raisons statistiques, cette coupure entre diorites et gabbros ne soulève aucun des problèmes théoriques et pratiques que l'on rencontre pour distinguer les types effusifs correspondants, c'est-à-dire les andésites et les basaltes.
Le pyroxène est la plupart du temps du diallage (variété d'augite présentant un clivage fin supplémentaire), associé ou non à des pyroxènes orthorhombiques comme l'hypersthène ou la bronzite : lorsque ces variétés prédominent sur les formes monocliniques, on réserve au gabbro la dénomination de « norite ». Il est à remarquer que très souvent les pyroxènes des gabbros montrent des associations de lamelles monocliniques et orthorhombiques, correspondant à des phénomènes d'exsolution à partir de pigeonites formées à température élevée.
L'olivine n'est pas rare, et elle est fréquemment bordée par une couronne réactionnelle d'hypersthène ; lorsqu'elle est seule présente comme ferromagnésien, on parle de « troctolite » dans le cas où le plagioclase est du labrador, et d'« a […]
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