3. Peinture de genre, paysages et portraits
Parmi les peintures de genre de Murillo, les tableaux où il représente des enfants de la rue et des petits voleurs, avec une souriante désinvolture dans l'observation bienveillante et un manque d'intention moralisatrice, sont bien connus. L'un des plus célèbres est le Mendiant du Louvre, représenté dans la lumière du crépuscule qui est encore un souvenir de Caravage, sans oublier ceux de la pinacothèque de Munich si riches en couleur. À côté de ces tableaux, il faut placer des œuvres comme La Fillette aux fleurs (Dulwich College, Londres) ou les Jeunes Femmes à la fenêtre (National Gallery of Art, Washington), ce dernier représentant peut-être des femmes de mauvaise vie, mais traitées avec une gentillesse moqueuse. Dans sa peinture semi-profane, Murillo cherchait probablement à plaire à une clientèle honorable, non dépourvue d'un goût déguisé pour les sujets scabreux ; il faut citer, en particulier, la série des scènes de L'Enfant prodigue (collection Best, Londres, et Ermitage, Saint-Pétersbourg) inspirée des gravures de Jacques Callot, ce qui n'exclut pas une observation directe du peintre, que laisse supposer le réalisme des détails.
Il n'est pas permis d'ignorer Murillo paysagiste ni surtout portraitiste. Dans le premier genre, il vient, en Espagne, immédiatement après Velázquez. Ses paysages, aux notes délicates et vives, expriment la grandeur de la nature imaginaire sans jamais tomber dans un style décoratif. Comme portraitiste, il est excellent et il est dommage qu'il n'ait pas eu davantage de commandes, ce qui prouve combien était limitée sa clientèle, dont une partie était du même milieu que lui-même. Influencés par Van Dyck, ses portraits aux personnages sereins, empreints d'une grande dignité, laissent une image de la société sévillane pour laquelle Murillo avait réalisé toute son œuvre.
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