3. L'organisation politique
Certains voient dans le système politique baule une organisation à la fois confédérale et monarchique, semblable à celle de l'Ashanti et fondée sur la prééminence du clan walebo Agwa, héritier de la reine Poku et des premiers souverains qui contribuèrent à élargir l'hégémonie baule (Akwa Boni, Kwaku Dye, Kwame Toto notamment). Le royaume aurait ensuite dépéri sous l'effet de dissidences internes (en particulier de la part des Faafwè, constituant une confédération autonome) et de l'essaimage des groupes initiaux. D'autres auteurs limitent la référence à un modèle étatique. Elles incluent également les transformations progressives entre le milieu du xviiie siècle et la fin du xixe et prennent davantage en compte l'hétérogénéité et la variabilité régionale constitutives de l'entité socio-culturelle baule. Certes, les catégories baule relèvent manifestement de l'outillage culturel et politique akan, qui comporte notamment : la désignation des entités politiques (men) et territoriales (mé, nvlé), leur identification analogique à des éléments d'une armée en campagne, la titulature attachée aux différentes fonctions dans l'entourage des famyen, l'existence marquée de rangs sociaux, l'usage de serments (nda) permettant aux plaideurs de faire appel aux juridictions des chefferies prééminentes. Mais, en dépit de l'hégémonie réelle de quelques chefferies sur certaines régions ou sur certains réseaux d'alliance, l'organisation politique, militaire, diplomati que et – peut-être surtout – administrative du Baule précolonial était difficilement comparable à celle des États akan de l'Est, même si cette organisation tranchait avec l'organisation segmentaire des peuples voisins de l'Ouest forestier.
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