4. La population
La démographie pèse d'un poids très lourd sur le développement (144 millions d'habitants en 2005). Le recensement de 1951 marque la fin de la phase lente d'accroissement, soit 1,3 p. 100 par an, taux qui, à partir de 1960, passe à 2 p. 100, puis à 2,5 p. 100 pour baisser à 2,17 p. 100 en 1991. La mortalité continue à reculer : 12 p. 1000 en 1990, 8 p. 1000 en 2005. La natalité est tombée de 45 p. 1000 vers 1970 à 27 p. 1000 en 2005, avec un taux de fécondité de 3 enfants par femme contre 6,3 en 1975. L'espérance de vie passe de cinquante-six ans à soixante ans et demi. Le taux d'accroissement annuel est tombé à 1,7 p. 100.
Dès 1960, sous le régime pakistanais, commence la propagande en faveur de la prévention des naissances, mouvement que reprend le gouvernement du Bangladesh. Toute une panoplie de moyens est utilisée : stérilisation (homme ou femme), stérilet, pilule, préservatifs. Dans l'ensemble, les mullahs (religieux) ne s'opposent pas à ces pratiques, car les autorités les ont gagnés à leur cause. Rappelons que l'islam, contrairement à ce que pensent les esprits étroits, ne s'oppose pas à la contraception. Déjà l'imam al-Ghazali, un des plus grands théologiens, l'admettait à la fin du xie siècle !
Ces efforts expliquent la baisse de la natalité et du taux de croissance. Néanmoins, cette dernière reste encore trop rapide par rapport aux ressources et à l'espace disponibles.
Le taux d'urbanisation est passé de 5 p. 100 de la population totale en 1951 à un peu plus de 25 p. 100 en 2005, niveau qui reste assez bas même pour l'Asie où des taux de 25 à 30 p. 100 sont devenus fréquents. Les capacités d'absorption des villes restent très inférieures aux besoins. Petite cité de province, Dhaka est devenue une agglomération d'environ 8 millions d'habitants (2000) où se multiplient les bidonvilles entre les terres basses inondées à la mousson et les beaux quartiers. Chittagong, le principal port, compte 2 millions d'habitants.
Dans les campagnes, le surpeuplemen […]
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