2. Économie et parenté
Actuellement, les Bamiléké ne sont plus que cultivateurs, principalement de maïs et d'arachides, et éleveurs de chèvres. Ce sont les femmes qui travaillent la terre, ce qui donne au polygame des revenus supérieurs à ceux du monogame, et un plus haut rang social. Les chèvres paissent sur les prairies au sommet des collines : les gardiens sont inutiles, car un système ingénieux de chemins bordés de haies vives les y mène toutes seules, depuis leur parc derrière la maison du maître.
Les habitations sont dispersées, et chaque lot de terre, attribué par le chef à une famille nouvelle, est clôturé. C'est la tâche des hommes que d'entretenir ces clôtures. Auparavant, la forêt couvrait tout ; elle ne subsiste qu'au fond des vallées, où poussent les bambous utilisés pour la construction. Les champs recouvrent les pentes, la terre y est maintenue par les haies et des arbres dispersés.
Le groupe de parenté bamiléké ne comporte jamais beaucoup de personnes car il se segmente à la mort de son chef : y reste seul l'héritier désigné par le défunt pour le remplacer sur sa terre ; l'aîné n'a pas plus droit qu'un autre fils à la succession ; c'est à l'héritier qu'incombera le culte des crânes des ancêtres, gages de l'ancienneté du lignage, et le soin de la terre familiale qui n'est jamais divisée ; les femmes du père, qui font partie de l'héritage, continueront à la cultiver. Les frères non élus devront la quitter pour fonder ailleurs un autre groupe de descendance : le chef, qui est maître de la terre, leur assignera une parcelle non cultivée ou abandonnée, vraisemblablement assez loin ; d'où le voisinage de personnes qui ne sont reliées entre elles que par leur soumission au même chef.
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