2. « L'art est un métier »
Les années passées à Chassy dans le Morvan (1951-1961) sont les plus sereines et les plus fécondes. Balthus y réalisa des paysages, des nus (Nu devant la cheminée (Metropolitan Museum of Art, New York), La Sortie du bain, Le Lever (National Gallery of Art, Édimbourg), il reprit des thèmes déjà abordés (Les Joueurs de cartes) et introduisit des sujets nouveaux (Le Rêve, Le Phalène (Musée national d'art moderne, Paris). Une palette éclaircie et l'utilisation du Caséarti (de la caséine commercialisée) – qui donne aux toiles une matité proche de la fresque – annoncent la période romaine.
Nommé par André Malraux directeur de la Villa Médicis en 1961, Balthus eut peu le loisir d'y peindre. Sa seconde épouse, Setsuko Ideta, inspira trois toiles (La Chambre turque, Musée national d'art moderne, Paris). Les jeunes Katia et Michelina quelques autres (Nu de profil, Nu au repos) ainsi que de nombreux dessins. Le Paysage de Monte Calvello représente une vue du château qu'il avait acquis près de Viterbe. Enfin, le Peintre et son modèle (Musée national d'art moderne, Paris) et les trois versions du Chat au miroir furent réalisés à Rossinière.
Dans la tradition de la Renaissance, Balthus se voulait « un peintre dont on ne sait rien », un artisan. Solitaire, il a construit une œuvre troublante, en marge de tous les courants développés en France durant le xxe siècle. Il n'est assimilable à aucun d'entre eux, il n'a pas non plus fait école.
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