4. Le problème récurrent des minorités ethniques
La Bosnie-Herzégovine est, quant à elle, toujours composée de deux entités qui ne collaborent guère et qui expriment régulièrement des velléités sécessionnistes, créant un climat d'extrême tension entre ses populations serbes, croates et musulmanes. Les accords de Dayton en novembre 1995 ont mis fin à trois ans d'une guerre civile particulièrement meurtrière (entre 1992 et 1995, plus de 200 000 personnes ont été tuées et 2,4 millions ont été déplacées ou sont devenues réfugiées). La politique du nettoyage ethnique menée par les milices est parvenue à diviser le pays en trois zones où se concentre chacune des nationalités.
Le pays n'arrive toujours pas à se relever, tant au niveau politique qu'économique. En effet, malgré les efforts du Haut représentant des Nations unies, seuls quelques milliers de réfugiés ont pu revenir dans leurs foyers, non sans créer de conflit avec les personnes qui s'y étaient installées. Il n'y a plus de barrages physiques à la frontière entre les deux entités fédérées reconnues depuis 1995, la fédération croato-musulmane à l'Ouest (qui devient la Fédération de Bosnie-Herzégovine en 1995) et la République serbe à l'Est, mais entre 500 000 et 800 000 personnes ont quitté le pays pour la Serbie, la Croatie, ou encore l'Europe occidentale et le Nouveau Monde. Près de 80 p. 100 des emplois industriels ont été détruits durant la guerre, le taux de chômage s'élevait encore en 2007 à 45 p. 100, et 20 p. 100 de la population vivait avec moins de 75 euros par mois. Malgré les milliards de dollars investis par les instances internationales, l'économie du pays ne décolle pas. Le pays a toutefois signé l'A.S.A., le 19 juin 2008, ce qui, à terme, permettrait d'obtenir des aides européennes au développement. Sarajevo doit donc faire face aux défis de la reconstruction, de la transition démocratique et de l'alignement sur les standards européens. L'administration bosniaque s'apparente à une véritable usine à gaz. Il existe trois Parlements − un nati […]
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