3. L'avenir incertain du Kosovo
Le conflit majeur dans les Balkans au début du xxie siècle reste l'indépendance du Kosovo, autoproclamée le 17 février 2008. Les Kosovars n'ont jamais accepté d'être intégrés à la Serbie, ni, plus tard, à la Yougoslavie. En 1974, Tito leur a donné une très large autonomie, qui a été abolie en 1989 par le président serbe Slobodan Milošević. Représentant entre 60 et 70 p. 100 de la population, les Kosovars ont commencé une résistance passive puis ont engagé une lutte armée dès 1996. La répression violente du régime de Milošević en 1998 a entraîné une réponse de la communauté internationale. Après le bombardement de la Serbie et du Kosovo au printemps de 1999 par les forces de l'O.T.A.N., les troupes serbes quittent le Kosovo. La province autonome est alors administrée par des fonctionnaires de la Minuk (Mission internationale des Nations unies au Kosovo), appuyés par la Kfor (Kosovo force). Ce statut de protectorat international ne satisfait personne : les Albanais, qui ont élu en 2002 Ibrahim Rugova à la présidence du Kosovo, demandent leur indépendance tandis que les Serbes refusent catégoriquement de perdre le Kosovo, berceau de la Serbie médiévale et siège du patriarcat orthodoxe. Après la chute de la dictature de Milošević en octobre 2000, la question kosovare continue d'empoisonner les relations entre les ultranationalistes (extrême droite et ex-communistes) et les démocrates, et entre les démocrates eux-mêmes, avec d'un côté les libéraux pro-européens du Parti démocrate (D.S.) et de l'autre le Parti démocratique serbe (D.S.S.). Face au blocage de la situation sur le statut du Kosovo, les Albanais s'en prennent à la Kfor et à la Minuk entre 2005 et 2007 lors de manifestations violentes et par des attentats contre les véhicules de la Minuk. Les ultranationalistes de Serbie (Parti radical serbe, S.R.S.) en profitent pour harceler les démocrates, tant dans la rue qu'au Parlement. Ils arrivent en tête des élections législatives serbes (boycottées par les Kosovars) du 21 janvier 2007, mais le […]
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